Ici, on cause, on partage, on se balade là et ailleurs, on brise la glace … etc …

Nouveau

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Au jardin ce matin …

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Tout au nord

Tout au nord de moi, j’entends la clé tourner dans la serrure …

L’appartement vide, silencieux. Tout est en ordre …

Vide. Silencieux.

Hier aussi … demain encore …

Le silence résonne de silence, se cogne aux murs et reviens en écho.

Le vide appel le vide

Les gestes lents

Moite la peau

Vide le silence

Hier aussi … demain encore …

A travers la vitre, la rue, vivante, grouillante, agitée. Le film muet. Spectatrice isolée.

Tout au nord de moi, j’entends la clé tourner dans la serrure …

La ville maculée de sang. La chaleur alourdie d’humidité. Les gestes lents.

Pas bouger

La peau moite. La peur autour des yeux

Dehors, la rue vivante, grouillante, agitée

Le front sur la vitre. Dernière fraicheur. Ultime protection.

Dehors la ville maculée de sang.

Le cri rentré. Les larmes sèches. Sous la peau le coeur bruyant. Les gestes lents.

Pas bouger.

Tout au nord de moi, j’entends la clé dans la serrure .

Hier aussi… demain encore …

Avant de partir maman a dit : Sois sage. Sois courageuse. Le danger est dehors.

Hier aussi … demain encore …

Tout au nord de moi le bateau m’emportera.

Après l’orage

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!!!


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Le linceul blanc

.

Sur le carrelage chaud, la trace humide de ses pieds s’effaçait au fur et à mesure qu’elle avançait.

En cette heure matinale, les rues d’Alger étaient calmes et elle entendait le bruit du camion de nettoyage passer sous ses fenêtres.

Romain était parti avant l’aube, laissant sur la table de nuit, comme un dernier cadeau, le petit flacon contenant les quelques gouttes de sang qu’elle répandrait ce soir sur le drap blanc.

Elle se dirigea vers le miroir et contempla son corps nu.

Elle aurait aimé y lire les traces se son unique nuit d’amour, mais rien ne laissait supposer les mains sur les hanches, la bouche sur les seins …

Femme. La liberté fracassée.

Elle priait maintenant, elle caressait son ventre plein, elle suppliait l’enfant qui pourrait naître de son secret. Elle lui demandait de rester avec elle, de grandir en elle …

Romain devait être sur le port maintenant. Dans un instant, elle entendrait les sirènes du bateau en partance pour Marseille.

Sa mère était dans la cuisine et déjà l’odeur de l’agneau mélangée au parfum du beurre fondu à la cannelle.

Il était temps de se préparer pour cette longue journée de fête et d’enfiler sa robe de mariée.

Elle se pencha pour saisir le voile qui devait l’enfouir à jamais.

Blanc, comme un linceul d’enfant.

Elle alluma une cigarette, se dit encore que c’était la dernière.

Elle contempla la flamme du briquet sur sa robe, comme hypnotisée.

Le bateau quittait le quai, elle ouvrit la fenêtre.

Quand les flammes atteignirent son visage, elle senti qu’elle pleurait.

Et ce matin …. Le jardin

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Le jardin aujourd’hui

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Le jardin aujourd'hui

La toilette

C’était une vraie rencontre, un coup de foudre en quelque sorte.
Cette grande pièce blanche, le sol en carrelages à grands damiers noirs et blancs lui rappelait la maison de sa grand-mère.
La petite fenêtre aux barreaux torsadés, laissait entrer les premières lueurs du jour.
La grande baignoire sur pieds représentait pour elle le sommet du luxe, toujours elle en avait rêvé sans oser l’espérer et voilà que dans cette petite ville de province, au rez de cette maison bourgeoise, dans ce minuscule appartement, elle découvrait, à porté de main, une salle de bain digne de la plus grande des grandes dames des romans qu’elle lisait.
Le reste de l’appartement lui importait peu, elle s’en accommoderait.
Elle commença par décrocher le petit miroir à 3 faces, suspendu par une chaînette au dessus du lavabo et le rangeât dans un tiroir. Fit un jupon de dentelle au tabouret, un rideau et un dessus de table assortis dans un rose à la fois doux et apaisant. Elle disposa joliment sa brosse au manche de nacre, sa collection d’échantillons de parfums, une boite fleurie de lingettes en papier.
Tous les matins, elle coulait un bain adouci d’une huile de pêche. Après une toilette minutieuse, elle frottait vigoureusement son corps d’une eau de lavande de la région, brossait ses cheveux et enfin, sortait, avec mille précautions, la houppette et la poudre de riz luxueuses de leur boite enrubannée.
La cérémonie pouvait commencer.
Telle un nuage, un flocon, par petits tapotements, en fermant les yeux, elle déposait la précieuse poudre sur la peau douce de son visage, ses épaules et la naissance du décolleté.
Ensuite, elle massait longuement ses pieds qu’elle jugeait d’une rare beauté. Petits et cambrés, d’une peau lisse et claire, des pieds à fouler les plus beaux tapis d’Orient et les salons les plus réputés. Elle s’appliquait à repeindre ses ongles avec soins, d’un vernis rouge éclatant, chaque jour étonnée, que de si précieux petits coquillages aient pu trouver place à l’extrême limite de ce corps si lourd et disgracieux.

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LUI

.

Sa paupière droite tressautait d’un agacement incontrôlable Il avait choisi cette salle de restaurant au design sobre et élégant sans âge ni caractère. La femme assise en face de lui était impeccable, comme toujours. On leur servait à peine la fine chair de crabe sur un lit de salade enrobée d’un parfum de vinaigre à la framboise, que déjà, il regrettait d’être là.

Le nez dans son assiette, il se disait qu’il l’avait pourtant connue, le corps généreux et souple, rieuse et douce …

Ils comblaient le vide en passant en revue le bulletin de santé de tous leurs amis, ils s’attardaient sur les moindres détails, faisaient des commentaires reculant le moment où le sujet serait épuisé.

La verdure, comme herbes sauvages, était fraîche et croquante, d’une amertume légèrement poivrée qui contrastait avec le crustacé aux saveurs subtiles.

Ils s’étaient mariés très jeunes, le bébé s’annonçait déjà. Il y pensait tout en l’écoutant parler de la dernière maladie de Françoise.

Il se rappel encore le soir de la naissance de Mélodie et la première fois qu’il l’a prise dans ses bras… Mélodie … Son ange, sa toute petite, son amour.

Les cailles farcies aux épinards et au foi gras étaient succulentes, mais il n’avait déjà plus faim. Il mangeait d’un air gourmand pour se donner une contenance.

Mélodie était devenue le centre de leur vie. Ils la regardaient grandir comme étonnés de sa beauté, de sa finesse et de son intelligence.

La farce avait refroidie et le vin s’était tempéré. Ce repas n’en finissait pas, il lui tardait de rejoindre leur appartement, de reprendre son journal en silence pendant qu’elle irait se coucher.

C’est peut-être bien quand Mélodie est née que tout c’est détraqué. C’est peut-être bien à cette époque qu’elle déploya toute sa rigueur et sa froideur … Cette froideur que tous prenaient pour de la vertu. 30 ans après, il ne savait toujours pas démêler cet enchevêtrement qui l’avait piégé. Parfaite … Elle était parfaite … froide et parfaite …

Les fromages arrivaient à point, il recommanda une bouteille de bordeaux. Depuis longtemps déjà, il avait pris l’habitude de manger sans faim. Sans fin. Depuis longtemps déjà, le plaisir du corps ne passait plus que par là. Il avait commencé par devenir fort, puis lourd et enfin gros. Son corps disait toute l’abstinence et la privation des mal-aimés, des pas aimés.

Très vite, elle avait pris l’habitude de le laisser faire, comme indifférente, toute occupée d’elle, convaincue d’être la victime incomprise d’un homme avide de conquêtes féminines. C’est vrai qu’elle était irréprochable. Elle menait sa vie, en ligne droite, d’une main ferme qui avait oublié les caresses.

Les îles flottantes étaient juste douces et tendres, il en prit 3 fois. Le sucre lui faisait du bien. La conversation avait pris un tour plus ennuyeux encore. Elle parlait de ses collègues et de leurs enfants. Il s’attarda un instant sur son allure de femme sans âge. Le chemisier sage, les cheveux courts et soignés, coiffés depuis des années de la même façon.

Toujours, elle lui avait tendu un miroir compatissant de supériorité. Il y voyait cet homme faible qu’il n’aimait pas. Cet homme qui avait honte de ses envies. Envies de la douceur chaude des cuisses d’une femme, de hanches pleines, de ventre tendu. Envies de bouches gourmandes, de mains curieuses. Envies de sexe et de tendresse, de peau à peau et du parfum des nuits d’amour.

Le silence avait repris sa place, lourd et inconfortable. Il ne se demandait même pas à quoi elle pouvait bien penser, il avait envie de rentrer chez eux, retrouver son fauteuil et son journal écran total.

L’addition arrivait. Quelques pas encore jusqu’au parking. Machinalement il dit « on devrait faire ça plus souvent », pour dire encore quelque chose. Elle répondit « Oui, c’était bien, n’est-ce pas »

ELLE

Le garçon n’arrêtait pas de tourner autour de leur table. Elle détestait cette présence obséquieuse derrière son dos. Ils en étaient maintenant aux traditionnelles cailles farcies aux épinards et au foi gras… Elle ne pu s’empêcher de repenser aux petits bistrots qu’ils fréquentaient avant. Avant … ça remontait à l’époque où ils avaient moins de fric, plus de copains … Ils allaient souvent « Chez Georges ». Ils y connaissaient presque tous les habitués avec qui ils partageaient une table et refaisaient inlassablement le monde. Alain prenait place sur la petite scène et grattait sa guitare … la nuit passait au chaud des rires et du vin … Elle regarda son crâne chauve et se rappela encore de la coupe « au bol » qu’elle lui faisait, assise sur le bord de la baignoire, lui sur une chaise devant …

Et voilà le fromage maintenant … La totale.

En fait, tout avait changé avec la naissance de Mélodie. Mélodie … la tendre et merveilleuse Mélodie … Mélodie et ses problèmes de santé. La physio 3x par semaine, les 20mn de manipulation après chaque biberon, les nuits blanches, la fatigue … C’est à ce moment là que la fatigue est venue, en même temps qu’il grimpait les échelons et se prenait de passion pour le vélo… Et puis, les hôpitaux, les cours de poterie, les bébés nageurs … Les week-ends à le suivre avec les sandwichs préparés la veille, les boissons énergétiques pour l’un, les couches culottes pour l’autre …

Les îles flottantes flottaient …

Elles étaient toutes belles et drôles, pendant qu’elle devenait moche et sinistre …

Depuis quand n’avaient-ils plus fait l’amour ? 3 ans ? 4 peut-être … Alors qu’il s’installait dans sa débandade, elle se surprenait a rêver de formes oblongues, comme dans la chanson de Bashung …

L’addition arrivait. Quelques pas encore jusqu’au parking. Machinalement il dit « on devrait faire ça plus souvent », pour dire encore quelque chose. Elle répondit « Oui, c’était bien, n’est-ce pas »

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Dans mon bocal


.C’est étroit ici. Tout petit. Depuis qu’ils m’ont posé là, je manque d’air, d’espace. Et puis, je suis seul. Tout seul, tellement seul. Au travers de mon bocal, je les vois passer. Je vois tout, j’entends tout, mais eux ne me voient pas. Pas un regard, pas un mot. La bonne le matin me donne à manger, elle a pris l’habitude de dire « ça va toi ? ». Elle attend peut-être que je lui réponde cette bécasse ? Enfin, elle est bien gentille quand même, elle pense à moi. Une fois par semaine, le lundi, elle change mon eau. Alors elle me saisit dans ses grosses mains et me met dans un bol pour laver mes vitres. La dernière fois, le bol était si petit que d’un soubresaut je me suis retrouvé sur le carrelage. J’ai bien cru que ma dernière heure était venue. Depuis, j’ai mal à une nageoire, mais personne ne le sait. Tout le monde s’en fout.

Et puis l’autre là ? Maintenant il passe devant moi comme s’il ne me connaissait pas. Pourtant, au début, c’était le grand amour. Il me trouvait beau, « que tu es beau » qu’il disait. Moi, j’ai cru que c’était sincère, j’ai cru qu’il m’aimait, qu’il serait toujours là pour s’occuper de moi. Aujourd’hui, c’est comme si je n’existais pas. Quand il arrive, il pose son journal sur mon bocal, sans se demander si ça me plait d’avoir tout le poids du monde sur la tête. Je manque d’air là dedans. C’est étroit ici. Tout petit. Je vais passer ma vie là, entre ces quatre murs, dans ce bocal. J’ai envie de mourir. J’ai mal à ma nageoire. Tout le monde s’en fou. Quelques fois, je prends mon élan et bing, je me tape la tête contre la paroi. Je n’arrive qu’à m’étourdir, rien de plus. D’autres fois, quand le chat fait mine de m’attraper, je reste là, sans bouger, mais il est tellement maladroit ce chat.

Quand ils sont partis en vacances, ils m’ont oublié. J’ai bien cru que c’était fini tout ça, cette comédie. Je sentais déjà mes forces m’abandonner, je me suis mis sur le côté avant de me mettre tout à fait le ventre en l’air. Je me disais « enfin, c’est la fin ». Et puis, la voisine qui venait arroser les plantes est arrivée, elle a dis je sais plus quoi, elle a trouvé mes granulés et hop, c’est reparti, j’ai bien essayé de ne pas manger mais j’ai pas pu.

Alors voilà, je suis encore là, dans mon bocal, j’attends …

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Ma petite fille Giulia

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6 MAI 2012

Prochain arrêt Genève

Prochain arrêt Genève … Genève 5mn d’arrêt.

Sans ouvrir les yeux, il se dit : merde, j’ai raté Morges…

Pas plus étonné que ça. Ces derniers temps, il s’endormait partout où il se posait. Le nouvel antidépresseur l’assommait plus que tous ceux qu’il avait déjà prit avant et il avait l’impression de vivre dans du coton.

Les voyageurs commençaient à monter dans le wagon lorsqu’il s’extirpa péniblement de son siège, attrapa sa mallette et se dirigea vers la porte de sortie.

Il alluma une cigarette et suivit le mouvement de la foule.

Papiers ! Ah bon, la douane maintenant …

Il se sentait bien et commençait à trouver ça drôle, présenta ses papiers tout en continuant à avancer …

Il regarda sa montre. Plus de 2h maintenant qu’il était entré dans ce bistro de la gare du Nord. 2h à regarder autour de lui, à écouter les conversations des tables d’à côté, a se dire que s’il avait été en jeans et basquettes le contrôleur lui aurait sûrement demandé son billet. 2h a ne rien faire, à sourire bêtement de l’aventure. Il pensa qu’il lui faudrait consulter les horaires, prendre un billet de retour, téléphoner à Denise, lui dire … Lui dire quoi ? J’ai raté la sortie à Morges et je suis à Paris ? S’expliquer… Dire les effets du nouvel antidépresseur … endormi… pas entendu … pas vu … fatigué … trop bossé …

Il commençait à avoir faim et se rappela la brasserie en face de la gare où il avait mangé une choucroute au poisson lors de son dernier séjour …

Avant de monter dans la chambre il avait demandé à la réception qu’on le réveille à 6h et se dit encore une fois en s’endormant sans défaire le lit qu’il faudrait téléphoner à Denise …

Le croissant était gras, il n’avait pas changé de chemise, ni de slip, ni de chaussettes et sa barbe commençait à pousser. Il se dit que s’il téléphonait maintenant il allait se faire engueuler.

Dans sa poche, la tablette d’antidépresseur. Il en avala un avec un autre café, sorti de sa mallette son agenda, une feuille de papier et un stylo et commença à faire une liste de ce qui lui paraissait le plus urgent.

– Téléphoner à Denise.

– Prévenir le bureau, dire qu’il avait eu un malaise ou la grippe.

– Demander à parler à sa secrétaire, lui demander d’annuler les rendez-vous du jour.

– Téléphoner à Paulette avec qui il devait manger à midi – On n’a pas idée de s’appeler Paulette…

– Faire comme- ci il était au bureau et téléphoner à Dubois pour confirmer la commande de la cuisine pour la villa des Savary, et à Savary pour confirmer la livraison par Dubois.

– Téléphoner à Roger pour annuler la partie de tennis de ce soir.

Autour de lui, toutes les tables de la terrasse étaient maintenant occupées et les bavardages allaient bon train, il flottait dans l’air comme un air de vacance … En se levant, il retira sa cravate et balança sa veste sur son épaule, ramassa la liste sur la table et tout en s’éloignant la fourra dans sa poche.

Printemps

L’homme sur le banc

.
Vous avez une cigarette ?
L’homme assis sur le banc venait de prononcer cette phrase sans se retourner vers moi, le regard droit devant.
Merci
Un profil d’aigle aux joues creuses. Une distinction et une élégance se dégageaient de lui, qui contrastaient avec ce que je devinais déjà de son histoire.

Le jour était blanc de soleil et le lac brillait d’étincelles criardes.

Je n’ais pas toujours été comme ça vous savez…
J’étais photographe avant …
Chaque phrase était ponctuée d’un long silence que j’écoutais sans rien dire.

J’étais photographe avant …
A Londres …
Et puis l’amour …
Vous avez déjà aimé ? …
Moi j’ais aimé …
Maintenant je n’ais plus rien…
Vous avez déjà aimé ? …
Il parlait en dedans de lui, le corps immobile et droit, encouragé par mon silence, ses lèvres laissaient passer une voix douce, un murmure à peine.

Je regardais maintenant ses chaussures. J’essayais d’imaginer ce qu’il ne dirait pas. Le chemin qu’elles avaient parcouru pour en arriver là.

VRAC

Un soir de carnaval

L’horloge indiquait 16h50. Comme chaque jour à la même heure, elle entreprit de ranger son bureau avec soin. Elle aimait que sa place de travail soit impeccable. Elle se dirigea vers le vestiaire en songeant que c’était le jour de son cours de danse. Dans son casier, la boite en plastique avec les restes de la salade qu’elle avait préparé pour le repas de midi. Chaque jour, elle faisait une pose d’1/2h pour prendre son repas sur place. Le soir, elle rentrait à pied dans le 2 pièces qu’elle avait trouvées tout près d’ici. Depuis qu’elle s’était installée dans cette petite ville de province, sa vie avait prit un rythme régulier et monotone qu’elle aimait bien. Le soir, en rentrant, elle prenait une douche, se lavait les cheveux et enfilait son pyjama. Ensuite, elle préparait le souper qu’elle prenait assise au salon en lisant les journaux avant d’allumer la télé. A 22h, elle éteignait le poste et allait se coucher. Le week-end, elle téléphonait à ses parents pour avoir des nouvelles de leur santé et s’informer des derniers potins du quartier. Elle s’était inscrite, en arrivant ici, à un cours de danse orientale, donné dans la salle de paroisse, par une jeune marocaine. Elle été allée en ville, dans un magasin qu’on lui avait indiqué, pour y acheter une tenue adéquate et avait eu bien du mal à la choisir. Elle s’était finalement décidée pour un sarouel grenat, serré aux chevilles par une rangée de perles et un boléro de la même couleur qui couvrait à peine sa poitrine. la vendeuse lui recommanda un long voile jaune transparent pour compléter sa tenue ainsi que des colliers et bracelets en métal du plus bel effet. Le résultat était surprenant, elle se trouvait belle et s’était même habituée à voir son ventre et ses hanches dénudés. Ce soir là, en rentrant chez elle, elle croisa un groupe de jeunes gens déguisés en personnages de Walt Disney. Elle reconnu sans peine, les masques de carton qu’elle avait vu dans la vitrine du bazar au bas de sa rue et se souvint que c’était carnaval. Son coeur se mit à battre un peu plus fort. Peu à peu, elle se disait « Et pourquoi pas ? » Plus elle approchait de chez elle, plus l’idée lui paraissait folle et plus elle en avait envie. Elle se mit a accélérer le pas, grimpa les 4 étages, tout en se répétant « Et pourquoi pas? »… La nuit était venue, elle se frayait maintenant un passage dans ce bistro enfumé et bruyant. Son voile s’accrochait ici et là, mais elle avançait. Les hommes sifflaient sur son passage, une main lui tendait un verre, l’autre lui prenait la hanche. Un cercle se format autour d’elle, elle avait pas mal bu déjà et se sentait légère. La musique venait l’étourdir encore un peu plus et les hommes chantaient « Aïcha » en tapant dans leurs mains. Alors, elle se mit à danser les bras écartés, le ventre en avant elle bougeait ses hanches d’un mouvement saccadé, s’approchait de l’un, faisait mine d’offrir sa bouche et repartait frôler l’autre. Pour la première fois, elle sentait le désir des hommes sur elle. pour la première fois, elle avait envie de plaire et se sentait belle… Lorsqu’elle se réveilla dans une chambre qu’elle ne connaissait pas, un homme était auprès d’elle. Elle l’observa un long moment avec tendresse, découvrait le visage fin, encore barbouillé de maquillage. Délicatement, elle souleva le drap et regarda le corps d’un homme pour la première fois.

GIULIA AUJOURD’HUI

 

Hymne à la joie

 

 

JOYEUSE ANNEE !!!!!!

Conte de noël

Presque 5 ans déjà que je suis avec lui, que je le suis. Quand je l’ai connu, il faisait nuit et il pleuvait. Je m’en souviens parce que j’étais abritée sous le porche d’un immeuble quand je l’ai vu sortir. Il avait un air absent, indifférent à la foule qui se pressait vers l’entrée du métro Oberkampf. Il portait une veste fripée, un bonnet de
laine enfoncé jusqu’à la lisière des cils. Il restait là, immobile sous la pluie, regardant tantôt à droite, tantôt à gauche, comme s’il n’avait pas encore décidé de la direction qu’il prendrait. Le sac de sport qu’il tenait avait l’air vide. Un moment, j’ai cru qu’il attendait quelqu’un, qu’il avait un rendez-vous.
Je l’observais … Personne ne m’attendait et cet homme m’intriguait. Il devait être mouillé jusqu’aux os depuis le temps qu’il se tenait là, mais il n’avait pas l’air de s’en préoccuper. Le temps passait … Et puis, sa grande carcasse s’est mise en branle. Il ne marchait pas, son corps n’était qu’un bloc qui se déplaçait, d’une seule pièce, à peine voûté.
Instinctivement  je l’ai suivi.
Au début,  je me tenais légèrement derrière lui, je suivais ses talons. Peu à peu,  je me suis mise à marcher à ses côtés. Au début, il semblait ne pas s’apercevoir de ma présence et puis, au bout d’un moment, il tourna la tête vers moi, sans rien dire, sans ralentir le pas. La pluie avait cessé, le sol était noir et luisant. Il marchait dans les flaques et
m’éclaboussait sans y prêter attention.
Le temps passait et vers le boulevard de la République il ralentit le pas, se mit à flâner devant les vitrines et les devantures de restaurants. Son regard ne se posait nulle part, il prenait juste la lumière comme d’autres prennent le soleil. Il avait l’air de connaître assez bien l’endroit. Arrivé devant une cour d’immeuble, il s’immobilisa un instant, puis se dirigea
vers un container à ordures. je l’ai regardé fouiller à l’intérieur, sans voir, ni comprendre ce qu’il faisait là. Je l’ai vu ouvrir son sac, y jeter, comme un voleur, les restes du resto d’à côté …  Ce matin, je repense à cette première rencontre … 5 ans déjà …  Je repense à ces journées passées à marcher … Marcher … Marcher sans but … Tout droit.  Je repense à
tous les bancs, dans les jardins publics, au bord de la Seine les jours d’été. Je ne sais rien de lui avant. Il ne sait rien de moi. Ceux qui m’ont abandonnée m’appelaient « Laïka » comme la première chienne de l’espace. Lui, bien sûr, n’en savait rien.
Il m’a appelée « Le chien » ou « Lucien », selon le jour. Quand il s’est rendu compte que j’étais une femelle, l’habitude était déjà prise et puis, « Le chien », c’est moins chic que Laïka mais c’est plus sûr.
Je l’ai vu se coucher l’hiver, se lever l’été … J’ai vu son corps vieillir, ses dents tomber. je l’ai vu rire quand il avait chaud et boire quand il avait froid. Je l’ai vu baisser la tête pour ne pas être vu … Tourner la tête pour ne pas voir …
Cette nuit, à quelques jours de Noël, couché à même le sol mouillé, je l’ai senti trembler. J’ai fait ce que je pouvais, couchée sur lui pour le réchauffer. J’ai soufflé le chaud sur ses joues, léché sa bouche, tiré son bonnet sur ses yeux. Quand il a arrêté de trembler, j’ai su qu’il était mort, étandu sur le sol, dans cette rue où le jour va se lever.
Combien de temps faudra-t-il encore aux passants pour le voir … Pour voir … ? .

Silence

J’ai bientôt fini de traverser ce silence blanc

Bientôt je franchirai le seuil pour une vie en couleur

Mademoiselle

Quand je suis arrivée ici, Mademoiselle avait à peine 40 ans.
A la mort de ses parents, elle avait repris l’appartement de la rue de Bourg et avait passé une petite annonce pour trouver « une dame à tout faire ».
Quand je me suis présentée, elle m’a engagée tout de suite. « Vous me plaisez bien » qu’elle avait dit.
Je venais de quitter un ménage à St Sulpice et j’étais contente de venir en ville. Surtout dans les beaux quartiers.
Ça doit faire plus de 10 ans maintenant.
Chaque matin, je descends du bus place St. François et je remonte la rue de Bourg à pied.
Ça aussi c’est quelque chose qui a changé, la rue de Bourg… Depuis qu’ils ont mit un Mac do, c’est plus pareil. Si c’est pas une honte de voir ça. Avant le Mac do, y’avait que du beau monde rue de Bourg, et des belles vitrines aussi. En face de Globus, les chocolats Blondel … j’en ai mangé une fois y’a longtemps, des chocolats de chez Blondel … Dans la même rue que Mac do … Si c’est pas une honte ça …
Oui, Mademoiselle, elle avait à peine 40 ans quand je suis arrivée ici. Elle portait encore des culottes en coton dans ce temps là. C’est pas comme aujourd’hui, dentelles et tralala.
Je me rappelle, elle était chic dans ce temps là. Toujours soignée, en tailleur gris et chemisier blanc.
Quand elle rentrait de l’école, je lui servais un thé à la cuisine et elle commençait tout de suite la correction des copies de ses élèves. Ah pour ça, elle était consciencieuse Mademoiselle.
Et bien faite avec ça. J’lui disais toujours « si c’est pas un malheur, une belle fille comme vous, toujours seule ! »
Et puis un jour ; ça fait quoi déjà ? 3 ans ? un jour, en faisant la lessive, dentelles et tralala. Des culottes toutes petites avec un fil derrière, des soutiens-gorge noirs, rouges, des portes jarretelles  … Moi, j’ai rien dit, mais j’ai pensé qu’il y avait de l’homme là-dessous…
Ben, j’me suis pas trompée. Et que j’vais chez le coiffeur, et que j’vais à la gym … ça sentait pas bon tout ça. Pace’que, Mademoiselle, c’était plus de son âge de faire la jeune fille !
Elle s’est mise à fumer et à boire n’importe quoi, le matin, je débarrassais les cendriers pleins et les bouteilles vides …
Si c’est pas malheureux tout ça …
Et puis un jour ; ça fait quoi déjà ? 6 mois ? un jour, quand j’suis arrivé, j’l’ai trouvée au lit, toute barbouillée … Moi, j’ai rien dit, mais j’ai bien vu qu’elle avait pleuré Mademoiselle. Et pas qu’un peu ! Elle avait le visage tout gonflé, à peine si on voyait ses yeux.
Si c’est pas un malheur de voir ça … Depuis, elle travaillait plus, il parait qu’ils n’avaient plus besoin d’elle. Elle traînait toute la journée en robe de chambre, les slips avec la ficelle par terre … elle avalait plus rien sauf des cachés de toutes les couleurs …
Moi, j’dis rien, mais ça devait mal finir tout ça.
Aujourd’hui, on l’enterre Mademoiselle. Je lui ai remis sa culotte en coton et son tailleur gris. C’est plus convenable pour aller où elle va …

Fragile

Luna-Mookie

La petite compagne qui m’accompagne 

 

Mais quel vent a donc soufflé chez WordPress ????

Mais quel vent a donc soufflé chez WordPress ??

Plus aucun article. Tout a été effacé. Pourquoi ??

Impossible de récupérer mon blog.

S’pabien ça monsieur WordPress !!

essais blog

Martha Argerich. Bach. Partita no2.

POUR LE PLAISIR …

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