Premiers flocons dans mon jardin. Premiers flocons, si petits, qu’ils n’arrivent presque pas à toucher terre. Alors, ils dansent un ballet gracieux, portés par le vent léger. Ils ont l’air de s’amuser, ils virevoltent, et hésitent encore à se poser sur la vitre de ma chambre où ils s’écrasent comme larmes et glissent d’une pluie lente comme on danse le menuet.
Ils viennent me dire que là-haut le chalet a prit ses quartiers d’hiver. Je n’ai qu’à fermer les yeux …
Mes p’tits choux, mes p’tits loups (oui, même vous !)
Ici, dans ce pays de Calvin, on dit « Peu bien ». Alors voilà, je suis « peu bien ». Entre deux pages, entre deux douleurs, entre deux eaux, entre deux jours au jour le jour.
Je reviendrai peut-être moins souvent, à moins que je ne sois prise d’une envie irrépressible et compulsive de vous rejoindre. Je ne sais pas. Je continuerai sans doute à changer la forme et les couleurs de ce blog comme je change la couleur de mes draps. Rouge pour la passion, blanc pour le rêve et ciel pour le tendre …
J’espère que vous passerez tout de même de temps en temps
Je vous embrasse (oui, même vous !)
Chers amis fidèles et chers visiteurs de passage.
Histoire de finir l’année en beauté et en douceur, vous trouverez ici désormais et jusqu’à la fin de l’année des extraits du magnifique livre “Lettres d’amants “. Des lettres de Hugo à Juliette Drouet, de Rilke à mademoiselle de Bonstetten et Berlioz à Estelle Fornier.
Chaque jour une lettre et chaque jour une photo que je choisirai dans mon album personnel. J’espère que vous aimerez !
” Tu me rends fou, tu me désespères, Ô toi, mon unique amour ! Comment peux-tu faire attention à la lettre d’une femme folle ? Je t’expliquerai tout d’un mot. Je vais revenir. Oh attends-moi. Te perdre, c’est mourir, ne me tue pas.. Tu es mon éternelle et adorable bien-aimée ! Je baise tes pieds. Attends-moi ! “
Lettre de V. Hugo à Juliette Drouet. Septembre 1873.
Votation sur les minarets
Après avoir, une fois de plus, pris acte du clivage entre la Suisse Romande et la Suisse Allemande.
Après avoir, une fois de plus, constaté que les moyens financiers engagés par les partis politiques dans les campagnes sont inégaux.
Après avoir constaté l’incapacité du gouvernement, tous partis confondus, a défendre correctement ses positions (pour mémoire : le gouvernement était contre l’initiative de l’UDC et recommandait de rejeter cette initiative)
Vient le temps de la réflexion.
L’objet de la votation :
Êtes-vous pour ou contre l’initiative de l’UDC : « Contre la construction de minarets. »
Recommandation de vote des partis politiques :
Parti Socialiste : NON
Radicaux : NON
Libéraux : NON
UDC : OUI
Verts : NON
A Gauche toute : NON
Et alors ?
La campagne : Tous les politiques ont sous-estimés l’impact émotionnel d’une telle votation. Peu de débats, peu de communication, alors que L’UDC sortait sa grosse artillerie avec une fois de plus des affiches scandaleuses exacerbant la peur de l’extrémisme d’une partie du monde Musulman. La presse aujourd’hui s’auto flagelle et se demande si elle a bien fait son boulot alors que les sondeurs avouent qu’ils se sont trompés.
Le contexte politique aurait dû être mieux pris en compte. L’affaire Kadhafi, les otages Suisses, le débat sur le port du voile et la défense de l’égalité hommes femmes … Un amalgame détonnant. Et, les résultats tombent. Le peuple s’est exprimé. Que ça plaise ou non, le problème n’est pas là.
Et maintenant, les réactions : Les Musulmans que j’ai entendus parlent de rejet, de discrimination … Ici la colère, là le désir de mieux se faire connaître. Les politiques bien embarrassés parlent de la mauvaise image de la Suisse qui n’avait pas besoin de ça. L’UDC martèle « Allez construire une église en pays Musulman et vous verrez ! ». Certains politiques étrangers se targuent de ne pas connaître ça chez eux …
Le vrai débat ne fait que commencer. L’ampleur du problème est démontrée, c’est aussi à ça que sert la démocratie. Reste à le prendre en compte et à trouver des solutions. Ça prendra du temps, mais maintenant, pour être optimiste, je dirai que chacun a du boulot et qu’il faudra que toutes les communautés confondues apprennent la tolérance.
La vieille se rebiffe. Se relève. Se secoue. La vieille s’ébroue. Un peu plus haut le menton, un peu plus droit le dos. Et un pas devant l’autre, la route est encore longue. Et merde (j’adore dire merde, c’est un signe de bonne santé chez moi). Et merde, ouvre les yeux la vieille, t’as encore quelque chose de beau ! Vous r’prendrez bien un p’tit coup d’lune ?
Moi j’vous l’dis !
Vieillir, c’est vraiment un boulot à plein temps. Y’a qu’à voir mon agenda : Un toubib par-ci, un ophtalmo par là, un scanner ici et un coiffeur là … Une litanie d’emmerdements et vas-y des pilules de toutes les couleurs, et un pt’it régime pour la ligne, et une crème ici, et une autre là… Moi j’vous l’dis, c’est un boulot à plein temps de vieillir ! Et j’arrête pas de me marcher sur la barbe. J’arrive à un RV ? C’était demain ou hier ! Je viens à 16h ? c’était à 15 … Wouai, ça pédale dans la choucroute par ici. Et Warfff, je me prends les pieds dans le tapis et ouille, c’est de plus en plus dur de se relever !
Bon, aujourd’hui, c’est décidé, RV chez le coiffeur, faire couper au plus court et attendre que le blanc fasse son œuvre. Me remettre en conformité avec le temps qui passe. Chez l’ophtalmo une monture rouge pour dire que quand même on peu vieillir et avoir encore envie de rigoler ! Drôle non ?
vidéo réalisée et animée par Donato Sansone avec les sons de Enrico Ascoli. Le travail de Donato est tout simplement génial, tout est réalisé à partir de dessins pré-dessinés sur des feuilles découpées afin de pouvoir les bouger et créer une sensation de mouvement.
On en parle …
Comment répondre au tag de mon ami « le coucou » ? http://unclavesien.blogspot.com/
La politique Française a toujours intéressé les suisses. Les suisses romands en tous cas. La proximité géographique, la langue et l’origine des suisses romands expliquent cela. Il sera plus facile pour le suisse moyen de donner le nom du président Français, Allemand ou italien que celui de la Suisse.
Ici, nous regardons le journal télévisé Romand puis le journal télévisé sur une chaîne Française et les guignols bien sûr. C’est dire que le spectacle est largement diffusé. Car, il s’agit bien de spectacle et non plus de politique !
On y apprend les luttes de pouvoir, les coups bas, les frasques des uns et les préférences sexuelles des autres … L’omni présence du président Français ressemble à une émission de télé réalité, un feuilleton sans aucun intérêt.
Et il pérore, il jacasse, il caquette … Bourré de tics et de suffisance. Le coq Français sur son tas de fumier n’a jamais été aussi bien servi.
On sait d’avance qu’il va annoncer LA solution au problème du jour … Et blablabla …
Alors, les blogs ?
Les blogs suivent le mouvement et la cible vedette y trouve une place de choix. Attention danger ! Parce que tous les publicitaires vous le diront, pour vendre un produit il faut en parler, en bien ou en mal mais en parler. Rappelons nous de Chirac aux Guignols !
Personnellement, je trouverai plus intéressant et plus efficace que les blogs « politiques » nous offrent des analyses sur les actes plutôt que sur les gestes : Qu’est-ce qui a été promis et qu’est-ce qui a été fait ? Qu’est-ce qui a été fait et pour quels résultats ? Etc.…
Et ici ? Ceci explique cela.
Je ne tiens pas à faire l’apologie de la Suisse, loin de là. Mais, j’aime que l’homme et la femme politique Suisse ne soient pas des acteurs choisi dans un casting de star académie.
Si je questionnais 10 passants en leur demandant le nom du Président de la Confédération. Je pense que 5 d’entre eux pourraient répondre a cette question. Tout simplement parce que la Suisse est gouvernée par 7 personnes élues pour 4 ans et que la présidence est un tournus entre ces 7 membres, désigné par ordre d’ancienneté pour 1 année. Le rôle du Président de la de la Confédération est purement symbolique.
L’homme et la femme politique ici ne sont pas des vedettes. Quasiment personne ne connaît leur vie privée et ils n’ont aucun privilège.
Je vous donne un exemple : Le député qui arrive en session signe tous les jours une liste de présence et sera payé en fonction de cette liste. S’il y a un appel nominal et qu’un député ayant signé la liste s’est absenté avant la fin des travaux de l’assemblée, sa journée ne lui sera pas payée. C’est aussi simple que ça. Pas de voiture de fonction, encore moins de chauffeur … Et, je trouve ça juste. Ça maintien la politique où elle doit être à mon avis et les hommes et femmes politiques seront jugés sur leurs actes et non sur leur apparence. Capito ?
Alain Brézault, La noce des Blancs cassés, Éd. Fayard (Fayard Noir), 2009
Un certain vendredi, sur la piste qui relie Bangala, la capitale du Bangali, à Niamkadougou, la Mercedes du secrétaire national du PUB, le Parti unique bangalais, est la cible d’un dramatique attentat. L’homme était chargé de mettre de l’ordre à Tortuga, une ville fantôme où des milliers de clandestins travaillent encore à l’extraction des diamants d’une mine prétendument abandonnée.
Sur les lieux, parmi les carcasses des zébus fauchés par la voiture, l’inspecteur Colombo et son adjoint Shériff, deux inénarrables flics bangalais, découvrent que sa main droite a été tranchée d’un coup de machette. Qu’a-t-on ainsi voulu lui dérober ?
Menée tambour battant, cette enquête déjantée, à laquelle vient s’ajouter une noce dérisoire de « Blancs cassés », réunit tous les ingrédients de la réalité sociale africaine contemporaine. Celle que doivent subir les populations soumises aux diktats des puissants : politique véreuse, corruption, détournements de fonds, banditisme, prostitution, sectes, pillage économique…
Romancier, essayiste et scénariste de bande-dessinée, Alain Brezault a vécu de nombreuses années en Afrique. Avec ce polar picaresque, adapté chez Glénat en trois albums hilarants, il rend un hommage à peine déguisé à Chester Himes, chantre de la condition noire américaine, dont le Harlem des années cinquante est ici remplacé par le Bangali, un petit pays imaginaire d’Afrique de l’Ouest dans les années quatre-vingts, symbole d’un continent livré à la rapacité d’escrocs noirs et blancs venus de tous les horizons.
La BD
Alain Brézault, Jean-Denis Pendanx, Loopings (Les Corruptibles,Tome 3), Éd. Glénat (Grafica), 2004
Colombo et Shériff poursuivent leur folle enquête dans les bas-fonds du bidon-ville où complotent l’Ambigu et le sous-préfet Sangaré entouré de ses sbires. Les deux inspecteurs ont la preuve que le Maire de Niamkadougou est mouillé jusqu’au cou dans l’attentat qui a provoqué la mort de Battiono, l’émissaire du PUB, et que Mangou, le Secrétaire de la Section du Centre-Nord, détourne pour son propre compte une partie des diamants collectés par les clandestins pratiquement réduits en esclavage. D’autre part, Colombo a été prévenu que des militaires dissidents sont en train de préparer un coup d’État pour renverser le Président Papy Bastos… Comment nos deux flics de choc vont-ils parvenir à sauver leur peau au cours du délirant jeu de massacre qui se prépare ? Dans le dernier épisode de la série, dont les deux premiers volumes furent salués unanimement par la critique, Brezault et Pendanx nous offrent un dénouement (sur)réaliste au bout de la nuit africaine éclairée par des éclats de rire vengeur. Polar tropical fortement épicé d’humour, cette trilogie sanglante et immorale nous démontre que si l’avenir des corruptibles dépend du cynisme des corrupteurs, l’addition est toujours salée au moment de régler les comptes…
<!– –>
Alain a posé deux magnifiques textes dans mes commentaires.
Textes que je vous présente ici.
Merci Alain.
Chambre noire
Dans la molle tiédeur
Des joutes cartographes
Le drap s’est vallonné
Au carrefour des croupes
Le temps d’une main ivre
Accrochée à sa nuit
L’héritage du buste
Surgit à fleur de peau
Réveil au petit jour
Dans la pâle clarté
D’un hiver sous la neige
Odeur de pain grillé
Et de café qui fume
Sur la vitre glacée
Les graffitis du givre
Puzzle énigmatique
D’un temps qui nous échappe
Ravivent la beauté
Du plaisir partagé
Dans le jardin secret
De nos émois nocturnes
Avant que le soleil
N’en efface
La trace
Alain
SURSIS
Vieillir au corps à corps
Dérider le plaisir
De voyager à deux
Sur la carte du tendre
Offerts à la dérive
Des amours clandestines
Jusqu’au bout de la nuit
Que la passion dévore…
Réveiller les volcans
Assoupis dans nos chairs
Quand la lave en fusion
Surgit à fleur de peaux
De nos ventres soudés
Par l’orgasme qui monte
Comme un cri arraché
A la vie éternelle…
Mais un jour il faudra
Retrouver le décor
Du quotidien soumis
Au destin qui nous piège
Au cœur d’un labyrinthe
Sans issue de secours
Vers nos jardins secrets
Désertés et en friches.
Et le parcours fléché
Qui nous est imposé
Vers la sortie prévue
Au nom des convenances
Offre à la nostalgie
De ces instants volés
La force d’affronter
L’automne des regrets…
Alain
Septembre 2007-Mars 2008

« J’ai mal partout Mamie, j’ai mal à la gorge. Je me sens mal Mamie … »
Température : 38,5
Et Mamie tél aux parents, Et visite chez le toubib …
Et le diagnostique tombe :
H1N1 !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
3 jours plus tard :
Plus de fièvre. Et Giulia en grande forme, juste agitée de n’avoir pas couru depuis 3 jours.
H1N1 ?????????????????
Renseignement pris, le pédiatre n’a pas fait de test, il dit « J’ai un collègue qui fait le test, tous les tests sont positifs »
Mamie a juste une poignée de cheveux blanc en plus … Mais ça, c’est pas grave.
Sur le texte “Parabole”,
Moukmouk Dit:
Ton texte est magnifique… mais j’aimerais bien avoir l’autre point de vue de cette même réalité.

Quand je suis arrivé dans la clairière, elle se tenait là, balbutiante, un peu perdue. Très vite, j’ai senti sous ses mots, une chaleur douce et attirante. Je me suis approché jusqu’à la renifler.
Elle m’intriguait. J’étais alors coupé du monde, de mon monde … La solitude à fleur de peau … Elle a tendue la main. Je l’ai saisie.
Il se dégageait d’elle un mélange confus entre vieillesse et enfance, entre souffrance et sérénité, entre hier et demain.
Elle m’a d’abord léché, puis croqué, puis dévoré …
Je me souviens. Douce et cruelle, lointaine et envahissante, tendre et vorace, craintive et autoritaire, l’eau et le feu, la maman et la putain …
Je me souviens. Je lui disais « Nous sommes vieux mon amour … Nous sommes fous mon amour … Nous sommes deux vieux fous mon amour … »
Je me souviens. Je lui disais : Toujours ? Elle répondait : Toujours !
Ici, le temps passait aussi. Je me sentais alors revivre, sous ma peau ses mains …
Mais la vie … La vie …
Le monde se remettait en marche et bientôt c’est lui qui me reprit …
Plus envie.
Je me souviens lui avoir dis : Plus envie. Et j’ai tourné le dos … et je suis parti…


En passant par là, il l’avait rencontré à la lisière de la forêt. Elle semblait ailleurs, lointaine. Il en fût intrigué. Il s’approcha et de ses yeux la caressa. Il sentit sa peau se réchauffer. Il l’enveloppa de mots doux et tendres. Il avait besoin de sentir cette chaleur venue de nul part.
Elle avait la force de ceux qui s’accroche à une bouée pour ne pas se noyer.
Lui-même était fragile et affaibli. Il était arrivé là par hasard, emporté par sa solitude et ses doutes. Désoeuvré, en équilibre entre la vie et la mort.
La rencontre était inespérée.
Elle semblait avoir engrangé des trésors de tendresse pour qui en voudrait. Il tendit la main vers cette source providentielle et se senti apaisé. Elle s’enroula autour de lui comme le lierre sur la branche. Il se laissa faire, sans opposer la moindre résistance. Ses mains depuis longtemps n’avaient plus rencontrées autant de douceur, il en fût bouleversé. Tout entier, il avait envie de fondre en elle, de la mordre et de la lécher. De sentir dans sa bouche le goût du sang qui coulait dans ses veines et d’y puiser l’énergie dont il avait besoin pour se relever.
Ils s’enroulèrent, l’un, l’autre, jusqu’à étouffer.
Quelques mois … quelques mois il avait espéré renaître, comme lavé de ses propres souffrances. Quelques mois, il avait prit tout ce qu’elle lui offrait. Juste le temps de retrouver des forces, de se refaire une santé.
Et puis, une fois rassuré, il avait reprit sa route. Franchi le torrent, il était à nouveau sur l’autre rive. De loin, il lui envoyait encore quelques mots de reconnaissance, de connaissance. De loin, il lui disait encore les mots qu’elle aimait pour ne pas la perdre tout à fait. Tant qu’elle serait là, il se sentirait protégé, aimé. Elle lui donnait le sentiment que sa propre vie n’était pas encore tout à fait finie. Elle lui laissait espérer qu’il était toujours capable d’émouvoir, de bouleverser. Qu’il était séduisant et aimable.
Il avait puisé en elle cette force qui le tenait debout maintenant.
Elle le vit de dos, qui s’éloignait.
Le temps passait… Un matin, il se dirigea vers la clairière en se disant que peut-être il allait la retrouver.
A la place où elle se tenait, il ne vit rien d’autre que du lierre et du bois sec, en fit un feu pour se réchauffer…
Lorsqu’il reprit sa route, des cendres collaient à ses semelles. Il s’attarda un peu à les nettoyer, les cendres c’étaient incrustées dans le cuir usé … Il se dit que de toutes façons, ces vieilles chaussure ne lui plaisait plus, qu’il les avaient assez portées, qu’elles étaient avachies, déformées et qu’ en rentrant tout à l’heure chez lui,
il les jetterait…